Je veux jouer moi aussi

Publié le Mis à jour le

Bonjour à tous, aujourd’hui un texte sur le thème donné par Marie Laure, que je remercie au passage 😉 : « je veux jouer moi aussi ».

Au-delà des espérances et du temps, il ondule dans les tourments de l’océan. Bercé par le silence des fonds marins il passe d’un courant à un autre avec une aisance remarquable. Un coup de nageoire puissant suffit à le propulser à quelques mètres au dessus de la surface, se tordant comme un gymnaste dans les airs. Accompagné de ses congénères, il glisse, nage, s’envole pour le plus grand plaisir de ses sens fraîchement éveillés.

Quelques heures auparavant il était encore dans le ventre de sa mère, prêt à vivre une aventure qu’il n’imaginait pas : la vie. Né dans l’eau le petit marsouin goûtait pour la première fois à l’air piquant de l’extérieur, gonflant ses poumons dans un souffle long et rauque. Maintenant à l’aise avec le mécanisme automatique de la respiration il s’en amuse, crachotant écume salée par son évent, il replonge farfouillant le sable à la recherche d’une nourriture plus gastronomique que le lait maternel dont il ne supporte plus le goût.  Les remous que provoque sa chasse diminuent grandement sa perception visuelle. Pas encore à l’aise avec son sonar il se retrouve nez à nez avec un animal qu’il n’a pas encore eu le loisir de rencontrer.

Le crabe toutes pinces dehors, habitué de ces mammifères mangeurs de crustacés défend sa vie tant bien que mal, tentant la fuite par le côté il claque ses tenailles en direction de son prédateur qui lui, semble plus amusé qu’affamé. D’un naturel joueur il le provoque du bout de son rostre qui semble sourire. Pas rassuré, le tourteau dans une cabriole improbable se met sur le dos, toutes pattes recroquevillées dans l’espoir de passer pour un rocher quelconque. Le marsouin pas dupe le retourne d’un simple coup de nageoire, croque délicatement ses pinces pour ne pas en subir le châtiment, embarque le pauvre crustacé dans une dernière et funeste balade. Accélérant de toutes ses forces en direction de la surface, bravant les algues râpeuses, dépassant ses semblables qui espéraient démarrer une course chevronnée, il déverrouille sa mâchoire et fait s’envoler le crabe bien au dessus des vagues. Le crustacé hors de l’eau fixe une dernière fois le soleil, profitant des embruns iodés de cet océan agité. Après l’élévation la chute en direction du mammifère prêt à déguster son mets favoris, il ferme ses yeux à facettes et s’endort définitivement, bon perdant de cet ultime jeu.

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