littéraire

Méditation sans fin

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Bonjour pour ce weekend un texte écrit à un moment où je me posais pas mal de questions sur à peu près tout ce qui m’entourait. Je vous rassure, aujourd’hui ça va mieux 🙂 

Je m’égarais dans des pensées de plus en plus profondes, perdu dans le vide absolu de mes vagues à l’âme. Je sentais doucement la torpeur m’envahir et glisser dans un monde qui m’était encore inconnu. Je restais là en position du lotus à méditer sur la face de ce monde que je détestais tant. Ma méditation fut longue et non pas sans douleurs. Mon corps ne subissait aucun dommage alors que chaque fibre nerveuse qui parcourait ma moelle vibrait à l’unisson. Mon cerveau flottait dans une brume légère et agréable, cependant mes pensées se tournaient vers l’obscur et la tristesse.

Doucement je plongeais, sentant mon corps sombrer dans un abîme sans fin, sans bruits, privé de tous mes sens. Puis, seul mon esprit partait vers des horizons divers. La vision de ce monde d’horreur, emplit de vengeance et d’hypocrisie me mettait mal à l’aise. Mais je savais que c’était pure vérité. Mon cœur battait de moins en moins vite, ma respiration se faisait de plus en plus profonde, je partais. Je luttais pour que mes visions soient moins noires, je revivais les moments heureux de ma vie en imaginant également ceux des autres. Mon âme allait mieux et j’osais espérer que ce monde sans vie n’était qu’une farce sans humour. Et je partais dans un sommeil infini, vers un univers moins amer, avec la conviction que ce monde deviendra meilleur, un jour.

Meditat

Poivre blanc

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Bonjour à tous, aujourd’hui un texte sur un thème donné par mon amie Mélanie : « Poivre blanc », impro littéraire, 20 mins d’écriture. Bonne lecture

Sur une petite île de l’ouest du Vietnam elle était là. Cette ferme qu’Eric cherchait depuis si longtemps.

Né avec un palais non ordinaire, il était capable de déceler le moindre goût, la moindre variation d’amertume. Certains l’appelaient jalousement « la langue absolue », expert à découvrir chaque note que lui jouait la musique des aliments dans sa bouche. Tout petit déjà il était le centre des attentions de la cour de récré. Ses copains l’observaient avec une joie non dissimulée découvrir les secrets de tout ce qu’il goûtait. L’acidité des bonbons, le sucré des chocolats les plus fins n’avaient déjà plus de secrets pour lui. C’est à l’âge de 17 ans qu’Eric se passionna pour les épices et particulièrement le poivre. Une heureuse rencontre avec une baie noire de Madagascar copieusement saupoudrée sur une préparation asiatique fût une véritable révélation.  Il s’est juré depuis ce jour d’en faire sa passion, son métier, puis finalement une quête.

Aujourd’hui Eric est à la recherche de l’épice parfaite. Il voyage à travers le monde afin de découvrir les poivres les plus rares, comme un affineur écluserait les monastères reculés pour y goûter le fromage qui fera frémir son palais plus que d’accoutumée. Il y a quelques années il avait entendu parler d’une baie d’une extrême pureté. Un poivre blanc comme neige à la saveur si originale qu’il n’est accommodable à aucun plat connu. Eric en a fait son Graal, trouver quelque chose que sa langue absolue ne reconnaitrait pas.

Il y est, une toute petite ferme tenue par une famille vietnamienne adorable. Des chiots l’accueillent  avec des aboiements de joie et des frétillements d’excitation. Hu’ong,  vient à sa rencontre lui serrant la main chaleureusement, un grand sourire sur les lèvres que lui rend Eric. La barrière de la langue n’en est plus une lorsque deux humains se connectent entre eux. Un regard, un geste, un sourire suffisent  souvent à partager des choses sans avoir à l’exprimer d’une autre manière. Eric suit son hôte à l’arrière de la bâtisse, sur quelques mètres carrés s’élèvent des poivriers qu’il a tant l’habitude de croiser. Hu’ong lui indique d’un signe de la tête de continuer encore quelques pas, il comprend que le Graal est à portée de bouche. Le voici ! Face à lui,  un tout petit arbuste pas plus haut que trois pommes rempli à craquer d’une multitude de grappe de l’épice tant espérée. Hu’ong, délicatement cueille quelques uns des grains immaculés et les tend à son invité comme s’il s’agissait de quelques grammes d’un minerai introuvable. Le cœur d’Eric bat la chamade, l’excitation de porter à sa bouche la chose la plus rare qu’il lui ait été donnée de goûter le fait transpirer à grosse gouttes. Franchi le cap du nez, les fameuses baies libèrent leurs arômes sur la langue du passionné. D’abord une légère acidité sur la langue qui se transforme soudainement en quelque chose de doux, sucré. Des notes florales composent l’orchestration de ces saveurs si uniques, finalement indescriptibles. Eric, ému plonge son regard dans celui de Hu’ong. Il y découvre les larmes de celle qui fait pousser le bonheur en grappe, tellement heureuse de faire partager un moment si particulier à celui qu’elle ne recroisera jamais.

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